Premier cours de calligraphie matin et déjeuner sur place

2011-08- 25 jeudi

Ce matin, branle-bas de combat, le cours commence à neuf heures.

Le père de mon amie arrive à l’heure dite en ayant gravi les 5 étages sans ascenseur, après avoir fait au moins 30 mn de bus. Cela me fait un peu de souci car il a plus de 70 ans. J’avais proposé de le rejoindre chez lui, mais il a préféré venir. Je l’accueille comme il se doit avec un thé puis nous nous mettons au travail. Je lui avais envoyé une photo que ce que j’avais déjà fait en calligraphie en disant à sa fille qu’en fait il fallait reprendre à la base car je n’avais pas trouvé le temps de m’exercer depuis 3 ans et je craignais le pire, je pensais qu’à la moindre demande de sa part de lui montrer comment je travaillais il allait trouver que j’avais tout perdu.

Sa fille m’avait dit qu’il avait noirci des pages et des pages de préparation, ce qui présageait qu’il avait des tas de choses à me dire. De fait, après avoir vu le document que j’avais apporté, œuvre de fin de cours il y a trois ans ; il décide que ce n’est pas la peine de travailler avec lui la pratique chaque jour mais plutôt la théorie sur la composition d’une belle calligraphie. En effet, les seuls caractères choisis et mis en évidence par le calligraphe pour honorer son destinataire ne sont pas les seuls composants de l’œuvre. De plus figure parmi ses arguments, le fait que nous n’avons de sept cours d’une demi-journée et qu’il faut des années de pratique pour arriver à une certaine perfection. Voilà de quoi remplir mes années de future retraite !

Donc, il fera cours chaque jour et moi je travaillerai seule le reste du temps entre les visites prévues par mes amis.

2011-08- 24 mercredi

Mes amis avaient prévus de m’emmener en voiture, mais vu la complication que cela représente d’aller la chercher pour ne faire qu’un kilomètre à pied pour qu’ensuite ils soient obligés de faire tout un détour pour reparquer leur voiture au même endroit…. puis retourner chez eux à pied… La différence n’étant que de 500 m à vue de nez, même si je suis chargée, je préfère que nous y allions à pied tranquillement. A ce propos, le nombre de voitures est en train d’exploser en Chine dans les villes mais le nombre de places de parking est actuellement restreint dans les anciens quartiers. C’est donc une chasse à la place et chacun essaie de trouver une place gratuite, sinon payante au mois au moins cher possible car en fait les voitures font assez peu de kilomètres. A titre d’exemple, mes amis n’ont fait que 5000 km en deux ans.

Après avoir terminé mes bagages, nous nous dirigeons avec mon gros sac à roulettes acheté la veille qui verse au moindre petit défaut de la chaussée. La station de bus qui se trouve à l’intérieur de l’université. En effet, celle-ci ayant une antenne à Zhuhai, un service de bus fait la navette. Nous y partons à trois car je suis chargée, en plus du sac déjà mentionné, de mon ordinateur et d’un sac à dos. A vrai dire les cadeaux apportés de France sont plus lourds que ce que j’ai prévu pour moi. Après les adieux (temporaires car nous nous revoyions dans moins de deux semaines) mais de rigueur quand on voyage, c’est le départ vers la mer.

Le bus traverse toute la partie sud-est de la ville pour passer par le nouveau campus universitaire puis descend vers le sud-ouest. Il faut traverser le delta sur environ 140 km pour arriver à Zhuhai. Difficile de prendre des photos depuis un bus dont les fenêtres ne sont pas vraiment impeccables. Je vous en poste tout de même quelques une afin que vous ayez une idée de l’ambiance du delta.

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Le climat subtropical crée une humidité proche de 90 %, il y a donc comme une brume permanente sur les paysages plats. Dès la sortie de Guangzhou, enfin le mot est mal adapté car il difficile de trouver une vraie fin à l’agglomération, on voit d’immenses immeubles posés çà et là dans la campagne, érigés en hauteur par la nécessité d’économiser les terres arables malgré la pression immobilière. On commence à apercevoir petit à petits des bananiers, plantés parfois jusque que sur les terre-pleins des échangeurs autoroutiers, puis des champs entiers, des plans d’eau partout, avec un petit jet en forme de champignon au milieu pour créer une oxygénation, d’autres grandes mares avec les restes des feuilles de lotus et leurs hampes non encore récoltées, des canards , des oies en troupes de plusieurs centaines de têtes. On repère quelques paysans en train de travailler dans les champs de légumes veinés de canaux et de rigoles d’irrigation dont on détourne le flux en posant simplement un petit tas de terre pour le diriger vers une nouvelle direction. Des cabanes en bois dégingandées pourraient encore bien constituer l’habitat précaire de certains travailleurs agricoles.

Ce delta est constitué de milliers de petits courts d’eau qui courent en tout sens, de mares, d’étangs, de lacs naturels ou artificiels. Il suffit de creuser pour trouver de l’eau. L’ambiance générale est grise car les étendues d’eau sont bordées de vase grisâtre, le ciel est gris souris à cause de l’humidité suspendue dans l’air. Gris clair, gris souris, gris foncé, gris bleu, gris plombé,…. Le moral des gens qui y vivent y est-il aussi gris ? A certains endroits, de « magnifiques » maisons ont vu le jour, surfacées en carrelage rose, blanc, crème, bleu clair… Maisons à deux étages parfois trois, et surplombées d’une terrasse où l’on peut mettre le linge à sécher ou admirer le paysage. Comme partout ailleurs, les fenêtres sont défendues par des grilles en inox bien solides, à tous les étages. De telles maisons existent partout dans la campagne, certaines commencées par leur propriétaire n’ont jamais été terminées. Elles sont généralement construites en briques et on les voit ainsi, squelettes témoins de la fortune passagère de leur propriétaire et de son rêve. Compte tenu de l’état des matériaux et de leur couleur, on peut supposer que cela fait déjà de nombreuses années qu’elles sont ainsi livrées aux intempéries, sans portes ni fenêtres.

Au bout de cette grisaille, le bus finit par arriver au bord de la mer où l’atmosphère s’éclaircit, le ciel devient bleu. Nous sommes à Zhuhai, mais la route est encore longue avant d’arriver au centre ville car la ville doit s’étirer sur environ 40 km, mais on peut commencer à admirer de belles villas et des immeubles assez luxueux plantés en front de mer. La végétation est luxuriante et les gazons quasi anglais.

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Arrivée au bout de mon voyage, je descends au terminus de Gongbei qui est aussi la frontière avec Macao où mes amis de Zhuhai m’attendent. Je les retrouve avec joie et constate comme leur petite fille a grandi depuis trois ans. Comme il n’est que 16h30, mon amie me propose d’aller nous promener à pied dans une petite île (Yeli dao) transformée en presqu’île d’agrément. Nous profitons de cette fin d’après-midi pour prendre le frais qui nous vient du large, mais nous devons hâter le pas avec la petite qui fatigue et qui se fait porter alors qu’il faut rapidement rentrer car l’orage menace, le ciel est gris plombé…. Finalement nous terminons la balade à la hâte pour éviter une grosse douche. Sur la fin du parcours, je peux admirer le plan d’un futur opéra tout à fait futuriste en forme de coquillage. Ce devrait être une merveille architecturale lorsqu’il sera construit, pour l’heure, seul existe le projet, ainsi que le terrain et les palissades entourant celui-ci.

Il est l’heure d’aller dîner et nous allons dans un restaurant très proche, puis mes amis me conduisent dans l’appartement qu’ils me prêtent au centre ville, plus proche du domicile de mon futur professeur de calligraphie qui n’est autre que le père de mon amie.

Raviolis et Préparation départ à Zhuhai.

2011-08-23 mardi

La journée s’annonce chargée car c’est la veille de mon départ pour Zhuhai. Il faut que je me lève tôt pour aller chercher de l’argent à la banque, acheter un nouveau sac de voyage car mon sac est dos est trop petit et ma valise trop grande pour me rendre chez mes amis de Zhuhai. Comme je suis dans le quartier où j’habitais en 2008 et que j’y avais découvert un temple taoïste qui venait d’être refait, il fait aussi partie de mon programme de la matinée d’y aller, puis d’être à 10h30 chez la mère de mon amie pour préparer en famille les raviolis.

En Chine, il ne faut jamais être présomptueux sur ce que vous serez capable de faire en un temps imparti car il y a toujours des surprises. Je pars donc le cœur vaillant et essaie d’obtenir l’argent qui est sur mon compte. L’employé s’aperçoit que le numéro de passeport donné n’est plus le même. Il me demande mon ancien passeport. J’ai beau lui expliquer que nous devons rendre nos vieux passeports, rien n’y fait. Comme j’avais retiré de l’argent dans une autre banque sans problème en 2008, je m’y rends donc en faisant 20 mn de marche à pied. Arrivée là, il y a 4 personnes devant moi, donc cela devrait aller assez vite. Finalement, je me ravise et finit par demander dès mon entrée à changer mes 200 euros sonnants et trébuchants en me disant que cela irait plus vite…. Il m’a fallu rien moins qu’une heure pour finir par obtenir ce que je voulais, avec en prime une surprise. Le jeune qui était en face de moi au guichet était chaperonné par son chef, mais visiblement ce n’était pas un stagiaire. Il me fait confirmer le montant demandé et fourni, vérifie 5 fois si les billets sont bons, remplit une feuille en triple exemplaire, puis une autre, puis une sorte de ticket et commence à compter des billets chinois. L’affaire prend au moins dix minutes de comptes et nouveaux comptes, il tripote le premier paquet de 10, puis sort un nouveau paquet de 10 dont il prend 5 billets, puis tripote à nouveau le paquet, en passe dessous, sort de la menue monnaie, recompte encore une fois et finit par me passer l’ensemble des billets et des papiers (au moins trois pour cette simple petite affaire !). Dans l’intervalle, je vois la feuille sur laquelle il a écrit la somme. Je prends le tas en désordre qu’il me tend en ayant annoncé autre chose. A ce moment là, je m’inquiète du montant en lui disant qu’à ma stupéfaction le cours est bien moins intéressant que chez un agent de change à l’aéroport. En effet, j’ai dans la main 1472 RMB au lieu d’avoir 1972 RMB. Il ne bronche pas et attend que je parte. Je recompte, lui fait remarquer que sur l’autre feuille ce n’était pas écrit la même chose. Le chaperon ne bouge pas d’une semelle. Je ne bouge pas d’un pouce et il commence à s’impatienter. Après avoir recompté à voix haute, je lui repasse le paquet et lui demande de recompter. Tout d’abord, il ne se passe rien, il ne veut pas compter, puis s’incline et est obligé de constater « l’erreur ». Il finit par se retourner vers le chaperon qui ne plisse pas un sourcil, mais ils finissent par se mettre d’accord et me donner ce qui manque ! Ouf ! Je ne ferais pas plus de commentaires sur cette affaire sinon qu’il est toujours prudent de recompter vos sous avant de bouger le moindrement du monde même s’il y a une longue file derrière vous.

Je reprends le chemin du retour au galop, passe acheter le sac de voyage manquant, mon amie m’appelle pour me faire presser le pas, sa mère est en train de commencer à mettre en forme les raviolis et a besoin d’aide. Je finis par arriver à moitié fondue à cause de la chaleur. Nous finissons le travail en équipe et dégustons ces délicieuses spécialités chinoises.

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Il me sera impossible d’aller au temple taoïste ce jour-là. En effet, l’après-midi j’avais une visite prévue auprès du maître de Taijiquan auprès duquel j’avais pris de cours en 2008.

Je m’y rends donc vers quinze heures et je retrouve avec plaisir le chemin de cet endroit chaleureux et sympathique où j’ai passé de très bons moments dans un vieil immeuble qui risque bien un jour d’être détruit pour sa vétusté. Tout le monde est ensommeillé et en pyjama alors que je suis à l’heure prévue. Nous buvons le thé, discutons, je leur offre le petit cadeau que j’avais emporté de France, le temps passe, ils prennent des nouvelles de toute ma famille, et nous ne voyons pas le temps défiler. Ils habitent au deuxième étage et dans les vieux immeubles, les grilles de protection des balcons et les diverses plantes qui les ornent ne permettent pas bien de juger de l’heure du jour. En effet les immeubles sont construits de façon assez serrée, ce qui préserve un peu de la chaleur caniculaire de l’été. Nous voilà déjà à 17h30, et ils me proposent de rester dîner avec eux. J’accepte, pensant dîner à la maison, mais en fait, vers 18 heures, nous nous mettons en route pour un restaurant pas très loin de la rivière dont je vous ai parlé dans un post précédent. Nous passons une excellente soirée à quatre car leur fille qui fait des études médicales est encore là avant de démarrer sa nouvelle année universitaire. En repartant, nous visitons de nuit les nouveaux aménagements de Donghaochong (dont je vous ai déjà parlé), la cascade et le lieu de baignade où il y encore des enfants qui barbotent vers 23 heures le soir !

Puis ils me conduisent à l’arrêt de bus et je rentre. il me reste encore à finir mes bagages pour partir à Zhuhai le lendemain.

Match de badminton (羽毛球)et karaoké

2011-08-22 Lundi

Avant mon départ de France, mes amis m’avaient demandé ce que je souhaitais faire. Parmi mes suggestions se trouvait le désir d’apprendre à jouer au badminton. En effet où trouver ailleurs qu’en Chine de bons instructeurs ? Ce sont les champions !

Dans notre emploi du temps chargé, nous finissons par trouver un jour et mes amis me réservent la surprise de m’emmener dans une salle qui a été construite exprès pour les jeux pan-asiatiques de 2010. Le bâtiment est grand, climatisé ce qui est indispensable pour l’été, les planchers des salles de jeu magnifiques, and last but not the least, les vestiaires sont d’un confort exceptionnel et sont pourvus de douches de rêve. Je me promets de passer un moment dessous en sortant.

Premiers essais pas terribles… J’ai du mal à évaluer la distance de la main à la raquette et je manque toutes les passes. Le mari de mon amie me suggère d’aller faire des balles contre le mur, mais ce n’est pas terrible et je m’ennuie fermement. Finalement au bout de 10 mn, ils me rappellent et essaient de voir si j’ai compris comment rattraper le volant et là, miracle, je rattrape tout ce qui vient d’en haut ou de côté et manque de mettre une déculottée sans le faire vraiment exprès à mon adversaire qui m’avait sous-estimée. Mais on ne prend pas le dessus comme cela sur un bon joueur quand on n’a ni expérience ni entraînement ; il commence donc à m’envoyer le volant au niveau du nombril en direct en passant au ras du filet. Et là, c’est moi qui perd des points car ma vue (plutôt basse) ne me permet pas de voir où se trouve exactement le volant dès lors qu’il se trouve sur le plan horizontal. Bref, une heure et demie plus tard, je ressors du terrain, rouge comme une tomate, et le soleil n’y est pour rien puisque nous sommes en intérieur.

Évidemment, je suis la seule occidentale ce jour-là et je suis l’objet de commentaires…

PHOTOS à venir

Evidemment, je suis la seule occidentale ce jour-là et je suis l’objet de commentaires.

Comme je me le suis promis, je teste la douche. Magnifique !

En repartant, nous ressortons dans la fournaise, faisons quelques centaines de mètres et rentrons dans l’atmosphère climatisée et tamisée du karaoké. Entrer dans un karaoké chinois est renversant. C’est à l’échelle du pays. Celui-ci est flambant neuf et possède plusieurs dizaines de salons et salles, du plus petit comme le nôtre où nous pourrions loger au plus 5 personnes jusqu’à de plus grandes salles. Mes amis avaient réservé et on nous attribue notre salon pour 90 mn. Après nous être installés sur les banquettes, le mari de mon amie se charge de mettre le système en route et de choisir les premières chansons pendant que nous montons à la salle de self-service.

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Rien que la visite du self vaut la peine, vous pouvez vous servir à volonté et revenir autant de fois que vous le souhaitez. Il y a de tout : des soupes, des plats de viandes, de légumes, des dimsums, des salades, des desserts, des confiseries, … et l’atmosphère est surprenante très éclairée, contrastant avec celle des couloirs qui ont une lumière tamisée passant par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel mais le tout avec un certain goût. Cela dit si vous aviez repéré que vous étiez dans le couloir vert en sortant, vous risquez de faire le tour plusieurs fois, au gré des changement de couleur, avant de retrouver votre petit coin cosy. Le tout est extrêmement bien insonorisé, on n’entend strictement rien dans les couloirs alors que les machines et les chanteurs d’occasion hurlent dans les micros de chaque salon. Je regrette de n’avoir pas pris les boules Quiès, apportées de France, en partant de la maison. En effet, je vais habituellement au concert bien équipée, habitude prise depuis un concert des Tambours du Bronx venus en France et dont je suis ressortie il y a déjà vingt ans avec les tympans qui ont vibré pendant plusieurs heures après le concert.

Mes deux amis chantent fort bien et je serais bien en peine d’en faire autant car j’ai toujours, à mon grand regret, chanté faux…. Je me contente donc de dire avec eux les paroles en essayant de faire aussi peu de « bruit » que possible ! En fait, j’ai oublié les deux ou trois chansons chinoises que je connaissais.

Une fois bien rassasiés, nous quittons les lieux et nous nous séparons pour le reste de l’après-midi.

Je pars faire des courses de tissus au marché de Haiyin. Là, comme ailleurs, c’est en grand que l’on voit les choses. Le marché est constitué de deux bâtiments des deux ou trois étages remplis de petites échoppes de 4 à 6 m2 tellement remplies que leur propriétaire est parfois obligé de ramper pour atteindre le rouleau dans lequel il doit découper le métrage que vous voulez. J’arpente en tous sens le marché et je peine à trouver un tailleur qui veuille bien me faire ce que je demande à un prix correct.Les prix ont là aussi augmenté. Cela flambe pour les Occidentaux ce qui est bien le moins car ils grimpent aussi pour les Chinois mais de façon moindre évidemment et bientôt ce ne sera plus aussi intéressant qu’avant car acheter du prêt-à-porter s’avérera plus facile. Le sur-mesure est en train de disparaître petit à petit, en effet, il devient plus rare de trouver une couturière qui fait son travail dans la rue et qui, pour une somme modique, vous fera la robe que vous voulez. Les magasins de fringues en tout genre prennent le dessus. De nombreux petits métiers sont ainsi en train de disparaître en ville. En rentrant, mon amie me confirme que les prix ont effectivement augmenté mais que j’ai payé plus cher qu’un Chinois et pourtant, j’ai fait le tour pour obtenir une baisse de presque 40 %, ce qui, selon elle, est un beau résultat.

Fengjian cun, région de Shunde

2011-08-21 dimanche

Pour arriver dans ce village quand on ne possède pas de voiture, il faut prendre le métro sur une assez longue distance, se rendre dans une gare de bus longue distance puis prendre le car sur une cinquantaine de kilomètres, puis le bus de campagne pour finir. Les bus réservent parfois de surprises. Apparemment on n’y mange plus en y jetant par terre tous ses reliefs dans l’allée centrale comme cela se faisait il y a encore quelques temps et on a l’air d’avoir perdu la charmante hôtesse qui distribuait une bouteille d’eau à chaque passager. Mais l’ami avec lequel je voyageais a juste eu le temps d’écraser un cafard qui montait sur la carlingue à quelques centimètres de moi. Il s’est excusé en disant qu’il était petit. Comme quoi ces petites bêtes se faufilent partout.

Il nous a bien fallu deux heures pour atteindre notre objectif, un village en l’état, traversé par un petit bras de rivière comme il y en a tant dans le delta. La vie est organisée autour de cette voie d’eau qui servait à transporter des produits agricoles ou de construction par bateau. L’eau y est, comme partout, d’une couleur douteuse due à la vase. Cependant on y pêche au carrelet. Dans un coin, on sent une odeur épouvantable et on finit par découvrir un chien crevé flottant dans l’eau. Vu son état ça fait plusieurs jours qu’il est là, et personne ne l’a repêché pour l’incinérer. Comme dans tous les villages traditionnels, on ne fait pas cent mètres sans rencontrer un petit temple de village, un temple de famille ou un petit autel, au milieu d’une rue ou dans un recoin, dédié à un dieu quelconque. Celui qui est assez souvent représenté est Cai Shen, le même que celui dont je vous avais parlé pour Baodingshan.

Petit autel de rue

Bref nous avons flâné tranquillement explorant toutes les rues et restant béats d’admiration devant une grande maison à cour carrée, abandonnée, en parfait état dont les habitants sont partis il y a peu à Guangzhou. Il est probable qu’ils ont eu envie de plus de confort et qu’ils ne souhaitaient pas rénover cette maison. Elle pourrait faire un très joli bed & breakfast ! Certains nouveaux riches se sont contruit des maisons rutilantes de carrelage rose ou coloré… Pas toujours du meilleur goût. Je n’ai pas résisté au plaisir de vous présenter les WC locaux, refaits, très propres mais qui ont conservé leur caractéristique de manque d’intimité quoique des progrès aient été faits car il y a dix ans, dans les toilettes publiques, les murs que vous voyez faisaient seulement 6o cm de haut ce qui permettait à la personne qui se mettait derrière vous d’apercevoir une partie non négligeable de votre anatomie juchée au dessus de la rigole commune et vous deviez utiliser l’alvéole en général dans l’autre sens c’est-à-dire de profil. Pour celles-ci, je ne suis pas sûre qu’il s’agisse d’une amélioration…. car on vous voit de.. face. En tout état de cause de tels WC ont disparu du centre ville de Guangzhou car la ville devait se montrer sous son meilleur jour pour els jeux pan-asiatiques et d’immenses progrès ont été faits.

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Au gré de notre promenade, nous nous arrêtons pour acheter une boisson et comme je suis en train de regarder une revue qui était sur les étagères, la jeune femme qui tient boutique, me l’offre en me disant que sa tante est quelqu’un qui a beaucoup fait pour la culture régionalement et qu’elle a maintenant de hautes fonctions dans le domaine. En tout état de cause, la revue en question présente de très nombreuses œuvres picturales récentes. Et me voici en compagnie de la dame en question.

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Nous continuons de découvrir ce village en trouvant un magasin de barbier coiffeur-comme on n’en fait plus, un serrurier à moto portant une grille de fenêtre à mettre en place d’une taille impressionnante, des boutiques d’outillage agricole de base, un atelier de couturières, une cuisine en plein air, arrière-cour d’un restaurant, où des femmes s’affairent, traversons plusieurs petits ponts et voyons des touristes chinois qui se sont aventurés dans des barques sur l’eau glauque et qui passent tout près du fameux chien qui flotte sur l’eau.

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Nous finissons notre visite par un très grand temple impressionnant par sa taille. Vous ne pourrez pas le voir en entier car je n’ai pas assez de recul pour le prendre. Il est entièrement décoré de pavillons colorés car il y a une fête le soir même et visiblement on se démène beaucoup pour préparer à manger, confectionner toutes les offrandes de faux billets, de représentations de lingots d’or qui seront brûlés. Les nonnes sont très affairées et des dames leur donnent le coup de main pour les derniers préparatifs. Il y a des lotus peints partout et même en lustre !

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Avant de prendre le chemin du retour nous déjeunons tardivement dans une cantine où le choix a été assez difficile car les clients avaient mangé presque tout ce que nous avons essayé de commander. Mais la patronne finit par nous trouver quelque chose. Pour dire vrai, nous sommes vraiment en horaire décalé par rapport au temps normal des repas et compte tenu des gens qui sont venus au village, elle a dû être dévalisée.

Quelques maisons du village au bord d’un petit lacPaysage

Nous sommes sur le pied de guerre de bonne heure le matin car il y a un peu de route à faire et nous devons arriver tôt sur les lieux car nous sommes samedi et mes amis ont déjà dû renoncer une fois à aller visiter ce village car il y avait trop de monde le week-end.

Ce parc d’attraction (car finalement c’en est un) se trouve sur la bordure du nouveau campus universitaire, gigantesque, construit récemment avec des bâtiments d’architecture avant-gardiste pour certains. Nos plus grands campus français ont l’air de jardins pour nains. Ici tout a une taille hors norme, les bâtiments de cours des universités, les immeubles dortoirs pour les étudiants, les immeubles de logements pour le personnel universitaire, les espaces entre les bâtiments de l’université. Je me demande comment font les étudiants… Ont-ils des vélos ou des patins à roulettes ? Si j’étais ici, je m’équiperais pour éviter de faire des kilomètres à pied !

Malheureusement, je n’ai fait aucune photo, ce que je regrette car certains bâtiments étaient vraiment intéressants.

Lorsque nous arrivons au village que nous voulons visiter, il commence à y avoir un peu de monde, mais ce ne sera rien comparé à la fin de matinée et au début de l’après-midi. Ce village, comme deux autres villages du 19e siècle, devaient disparaître de la carte pour implanter les universités. Des protestations ont eu lieu car ces villages étaient très riches comme en témoignent les maisons que nous allons voir. Sur les trois villages, un seul a été sauvé, les deux autres ont été rasés. L’architecture montre une recherche d’un certain confort et certaines méthodes de construction comme les murs en coquilles d’huitres ont été préservées. on trouve ceux-ci dans plusieurs villages de la région, ce qui montre que la dénomination de Rivière des Perles n’est peut-être pas usurpée, car il a fallu en ouvrir par millions, des huîtres, pour faire ces murs !!! Par ailleurs, à l’opposé de ce recyclage ingénieux, on trouve de nombreuses petits bas reliefs en granit.

Mur de maison en coquilles d’huîtres Pierre sculptée

Du coup, l’intérêt montant pour ce village, il a été transformé en village d’attraction touristique. Vous pouvez visiter toutes les maisons qui ont été restaurées, certaines sont remeublées, quelques démonstrations de petits métiers ont lieu et des spectacles pratiquement toutes les heures.

Petites statues en poterie de Foshan posées sur l’autelTemple, il y en a au moins cinq ou six dans le village

C’est ainsi que nous avons vu des marionnettes, un théâtre d’ombres, un spectacle avec de nombreux intervenants : gymnastes, danseurs, cracheurs de feu, racontant la vie ou l’histoire de la région. De nombreuses boutiques de babioles diverses et une boutique d’encriers pour la calligraphie dont certains atteignent des prix pharamineux.

Palanquin pour mariée….Vasque en bronze à deux anses que l’on frotte les mains humides pour faire trembler l’eauLes marionnettesLe théâtre d’ombresUn spectavCracheur de feuDes gymnastes

On a même assisté à la reconstitution d’un mariage avec un jeune homme choisi dans le public par un lancer de balle en ruban rouge du haut d’un balcon au milieu d’une joyeuse pagaïe pour l’attraper.
Les costumes sont en général rutilants et il paraît peu probable que les teintures anciennes aient eu autant de brillance, même si les habits étaient chamarrés.

Les “mariés”Ciel, quel visage va-t-elle avoir ???

En faisant les magasins, j’ai trouvé un vendeur d’affiches politiques

Ancienne affiche politique

2011-08-19 vendredi

Lever à 9 heures, départ à 10 h en prenant le bus. Le musée a ouvert ses portes il y a quelques mois et délivre chaque jour 400 billets gratuits matin et après-midi. Le musée n’étant pas terminé, il a fallu limiter les visites.

Pour arriver au musée, nous descendons à une station de bus assez proche de l’endroit où j’ai habité un an et demi, et le long du chemin, je découvre que les petites rues étroites et sombres que je prenais à vélo pour traverser Canton, n’existent plus et j’en suis triste. Je me demande encore une fois si tous les gens qui ont habité là ont été relogés à l’endroit où ils le souhaitaient. En fait, tout dépend du fait que vous soyez propriétaire ou non. Or la propriété individuelle avait été supprimée par le nouveau régime et n’a été de nouveau autorisée qu’à partir de 2000 d’après l’information dispensée par mon amie. Pendant longtemps c’étaient les unités de travail qui logeaient leurs travailleurs, il n’y avait donc pas besoin de s’acheter un logement. D’autre part, un certain nombre de personnes ont un niveau de vie bas dans ces vieux quartiers et ils n’ont certainement pas eu les moyens d’acheter un logement au moment de la libéralisation. Le propriétaire fait en général une bonne affaire et récupère un logement neuf à proximité, les locataires n’ont pas cette chance. L’Etat semble veiller à ce problème, mais en général, le relogement a lieu plus loin.

A l’endroit en question on trouve maintenant un vieux temple restauré qui devait être bien caché et qui était fermé, car bien qu’ayant à peu près visité toutes les ruelles et impasses du quartier pendant un an et demi, je n’avais rien remarqué. Une grande esplanade permet de le découvrir. L’architecture ancienne flambant neuve par sa rénovation et le style font un étrange contraste avec les immeubles des années 50-60 qui l’entourent. Il paraît tout petit !

Le temple Guangzhou cheng huangmiao Une fresque du temple

La destruction du quartier a été beaucoup plus large que ce temple car en voulant construire un immeuble pour une compagnie de téléphone, ils sont tombés sur des restes archéologiques très intéressants qui permettent de retracer l’histoire de la ville et son évolution depuis de temps très reculés, le passage des différentes dynasties, etc.

Tableau représentant le roi de Nanyue

Le musée en lui-même fait un peu bunker mais il est très bien organisé et très didactique. On peut voir tous les objets trouvés pendant les fouilles représentant les diverses couches archéologiques jusqu’à une époque assez récente.

PoteriePuzzle de pièces de poterie

Des jeux vidéo de recomposition de poterie ou d’objets cassés permettent de se rendre compte du casse-tête, du puzzle auquel se livrent les restaurateurs d’objets anciens extraits de fouilles..

Jeu de recomposition 1Jeu de recomposition 2
Beaucoup d’intérêt pour ces jeux

Les travaux du musée ne sont pas terminés et d’autres sections restent à venir dans d’autres bâtiments en cours de construction. En principe tout devrait être fonctionnel pour 2012.

Vue d’une partie du siteLa partie en travaux, ouverture 2012

Visite de Nanyue garden 南粤苑 à Shawan, Panyu

2011-08-18 Jeudi

Calligraphie du portique d’entrée du jardin

Départ à 9 heures avec les parents de mon amie pour visiter un jardin qui se trouve dans le district de Panyu, au sud de Canton.

Nous avons voyagé dans une Toyota confortable acquise par mes amis il y a deux ans. Elle a pour particularité lorsque vous vous asseyez à l’arrière d’avoir, placés en dessous des sièges du conducteur et du passager le caractère, “ fu ” 副, celui-ci est placé à l’envers lorsque vous le regardez depuis les places arrière et sert de protection aux propriétaires du véhicule. Il est placé à l’envers, comme le sont les mêmes caractères sur les portes des maisons. Ces deux affichettes carrées de 30×30 cm environ sont protégées par un tapis en plastique transparent afin qu’elles fassent de l’usage. La superstition reste présente au même titre que certains Français installent un St Christophe sur le rétroviseur de leur voiture !

Le bonheur dans la voiture

Le district de Panyu fait partie de la conurbation. Le jardin que nous allons visiter se trouve à côté d’un jardin déjà célèbre le Baomo Garden qui avait été endommagé dans les années 50 puis reconstruit en 1995 mais celui que nous allons visiter est plus récent puisqu’il n’a que quelques années et est en partie l’œuvre de quelques donateurs, issus de familles parties faire fortune à l’étranger. L’une des familles possédait tant d’œuvres d’art qu’elle a rempli plusieurs pavillons de ce jardin en en faisant don pour créer des collections de statues, de calligraphies, etc. On est surpris par la magnificence des toilettes et je viens de trouver sur internet un article de controverse. Comme quoi tout est possible !
Si vous lisez l’anglais je vous suggère cette lecture édifiante sur les choix parfois faits :
http://www.chinadaily.com.cn/china/2009-09/30/content_8754130.htm
Il faut noter que l’entrée est chère pour une famille qui voudrait visiter les lieux.

Le pavillon des WC De très beaux paravents en bois travaillés devant les entrées des WC et un intérieur de luxe

En tout état de cause, les constructions sont magnifiques et sont faites dans le style architectural Lingnan, celui du sud de la Chine, et les jardins sont un havre de paix pour qui s’y promène pendant la semaine car je gage que le week-end c’est archi plein. Evidemment, le paysage est domestiqué, les rochers sont exploités pour y implanter un petit pavillon qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur le site, l’eau est présente partout et des poissons colorés se précipitent vers les promeneurs qui les nourrissent. Cet amas frétillant tient de la pêche miraculeuse et d’aucuns doivent parfois rêver d’y jeter des filets.

Pavillon Vue jardin Détail sculpture de pilier Détails céramique de toiture Escalier de marbre blanc Fresque murale
Détail de toiture Des poissons gourmands

Vers 13 heures, ce qui est fort tard pour un déjeuner, nous allons dans un restaurant sur le trajet du retour et rentrons nous reposer.

Visite du quartier Liwan (荔枝湾涌), Guangzhou

2011-08-17 Mercredi

Départ 9h30 en bus pour traverser la ville du sud au nord-ouest, ce qui prend 3 bons quarts d’heure. Nous arrivons enfin à l’autre bout de la ville pour visiter un autre endroit qui a été rénové il y a quelques années. En fait à la suite de la visite du Musée de l’eau, j’ai appris que toutes les berges de la rivière qui sillonne la ville ont été refaites, l’eau dépolluée.

Le quartier est un quartier typique avec ses maisons à un étage, ou deux au plus et quelques grandes bâtisses qui ont été transformées en musées. Du coup, nous allons en visiter trois dans la journée que nous passons là bas. Par hasard nous tombons sur le jour gratuit du mois.

La rue principale de ce quartier rénovéJoli pont traditionnelRivière et petit lieu de prière

Du point de vue culturel, un gros effort a été fait par la ville qui a rendu un certain nombre de musées gratuits. Par ailleurs, beaucoup de parcs qui étaient autrefois payants, sont devenus d’après ce que me dit mon amie, gratuits eux aussi. Je vérifierai cela ultérieurement en allant voir mon prof de taijiquan dans deux semaines. Il est vrai que la population fréquentant assidûment les parcs et jardins, qui pour pratiquer son taijiquan, son qigong, qui pour prendre le frais, se reposer ou tout simplement promener les petits enfants, prendre une carte mensuelle coûtait à peine plus cher que deux à trois entrées, cela restait accessible pour tous.

Les musées de cette zone sont d’un intérêt inégal mais si vous voulez avoir des détails historiques, il est intéressant de les visiter en faisant parfois l’impasse sur certaines pièces vieillottes. On peut remarquer une belle collection d’instruments de musique et au gré des pérégrinations dans les pièces et apprécier la façon dont les « maisons de maîtres » étaient organisées.

A onze heures trente, nous allons déjeuner dans le restaurant le plus connu du quartier, immense, où j’avais déjà dîné il y a quelques années. Rien n’a changé, il y a toujours autant de monde. Mes amis ont essayé l’année dernière s’y déjeuner 3 fois et y avaient renoncé car il fallait faire la queue pendant une heure. Pourtant il faut imaginer plusieurs grandes salles et des salons privés où l’on doit bien pouvoir restaurer plusieurs centaines de personnes en même temps.

Lanternes dans le jardin du restaurantJardinJardinCascade

Heureusement, ce n’est pas le week-end et nous trouvons une place. Nous dégustons les plats commandés, faisons un tour au bord du petit lac, puis à 4 heures mes amis partent déjà à un match de football car il faut arriver tôt bien que leur place soit déjà réservée.

J’ai déçu H., car mes amis avaient prévu de m’emmener ce soir à ce match de football mais j’ai décliné, car vraiment cela ne m’intéresse pas d’entendre des gens hurler pour des buts. Depuis que je suis arrivée, je vois chaque soir au moins un match de foot à la télé, donc j’en sais assez sur le sujet. Ici aussi il y a des vedettes qui gagnent très bien leur vie.

Nous nous séparons donc, et comme je n’ai rendez-vous qu’à 18h30 à l’autre bout de Guangzhou, que cela va me prendre 30 mn par le métro, j’ai le temps de flâner. Cela dit la station de métro est à environ une demi-heure de marche à pied. Il s’agit tout de même pas que je me perde car j’ai la bonne habitude de prendre chaque rue qui me plaît, à pied ou à vélo dans le meilleur des cas. Ce n’est pas le moment de perdre le nord. C’est ainsi que j’ai découvert beaucoup de quartiers qui n’existent plus de nos jours et que je regrette. Mais je dois bien être la seule car les habitants ont tellement gagné en confort de vie dans leurs immeubles modernes qu’ils ne me semblent pas avoir de regrets. De toute façon, face à la « rénovation » et la pression immobilière, règne un certain fatalisme. « 没有办法 ! » dit-on ici (On n’y peut rien !). Au hasard des rues, je tombe sur une « église » chrétienne (ici ce sont plutôt les protestants d’origine américaine qui font actuellement le plus de progrès) pas très loin d’un temple très connu. Plus loin, je trouve un encrier que vend une femme très âgée, accroupie devant divers objets. Impossible de marchander. Il faut dire que le prix est très bas, j’en aurai la confirmation plusieurs jours après en visitant un autre site. Me voilà chargée d’un paquet plutôt lourd pour terminer ma balade… Mon sac à dos étant déjà chargé d’une bouteille d’eau et de deux appareils photos, cela fait du poids ! En continuant mon chemin, je tombe sur une zone mise à blanc en attente de construction d’immeubles neufs. Autour, sur le périmètre subsistent encore quelques maisons anciennes insalubres.

Zone de reconstructionZone mise à blanc

A l’heure dite, je rejoins l’ami avec lequel nous allons aller visiter de nuit le nouveau quartier près du nouveau Musée du Guangdong déjà vu le jour, dont je vous ai déjà parlé. Nous commençons par dîner dans un restaurant assez bruyant comme tout resto ici. Puis nous reprenons le bus pour aller flâner le log des quais de la rivière des Perles. De nombreuses personnes s’y promènent aussi et admirent les éclairages des tours, celui du Stade de cérémonies des jeux pan-asiatiques, ceux de la rivière dont les berges sont parsemées de petites lumières ou de tubes de néons colorés, les arbres eux-mêmes sont éclairés en vert. Je songe à l’heure où l’on parle d’écologie au nombre de centrales nucléaires indispensables pour produire toute cette électricité. De plus, il est possible de faire de nuit une balade sur des bateaux, eux-mêmes très illuminés, ce qui crée des éclairages assez photogéniques

Nous décidons de traverser le fleuve pour aller de l’autre côté voir la pagode de Chigang et voir l’effet de perspective car il y a aussi dans l’axe la tour de télévision construite en béton ajouré sur lequel joue des effets de lumière ? L’effet est saisissant, la tour devient multicolore et donne une certaine impression de vie. Pour nous rendre à la pagode nous devons faire un bon bout de chemin à pied et j’emmène mon ami dans le fin fond du nouveau jardin aménagé au pied de la pagode d’où je l’assure que je vais pouvoir avoir une photo de la perspective. Il ne me croit qu’à moitié et me demande comment je le sais, car je vous rappelle, au cas où vous l’auriez oublié… que je ne suis pas cantonaise et il n’arrive pas à se faire à l’idée que je connaisse certains coins sa ville mieux que lui. De fait, nous avons la pagode, la tour en enfilade.

Pagode et tour de télévisionEffets de lumière sur la tour de télévision

Puis, nous nous séparons et je rentre chez mes amis qui m’attendent vers onze heures après leur match de foot dont ils sont ressortis ravis. Mon amie a offert à son mari un nouveau t-shirt, marqué du nom de je ne sais quel joueur prestigieux de l’équipe, qu’il arbore fièrement.

Visite du Musée de l’eau 东濠涌博物馆

2011-08-16 Mardi

La journée n’a pas été trépidante. Lever 9h20, petit déjeuner à 10 heures, puis départ tardif vers 11 heures en direction du musée consacré au problème de l’eau, mais en route on a fait halte à China mobile pour des histoires de forfait annuel. La compagnie essaie de garder ses clients car la compétition est rude face à Iphone. Aussi a-t-elle trouvé un système qui marche. On prend par exemple une base de forfait de 600 kuais qu’on consomme au fil de l’année étant entendu que la consommation sera plus importante annuellement que ce forfait, et, à la fin de l’année, la compagnie vous rend 540 kuais en bons d’achat. Pas mal, non ? Si je demande à Orange ou Bouygues de faire la même chose, je suis sûre qu’ils vont accepter ! Enfin pour régler le problème de trois numéros, ça a pris une heure, du coup j’ai pris mon temps pour noter tout le vocabulaire aperçu sur place.

Ensuite nous sommes allées pour faire simple au Musée de l’eau

Si vous êtes curieux de savoir ce que j’ai vu, vous pouvez regarder des photos sur http://www.dianping.com/shop/4520053/photos car je ne peux toujours pas charger les miennes.

Il se trouve sur un itinéraire que je connais bien. Quand on sort de l’Ile Ershadao , il y avait un endroit où on montait sur une 4 voies aérienne pour aller dans le quartier du Consulat de France, dessous il y avait un quartier hyper sale qui longeait cette voie, typique avec des maisons anciennes, habitées par des personnes n’ayant sans doute pas les moyens de les rénover. Tout a été détruit, sauf une dans laquelle a été installé un musée retraçant l’histoire de l’aménagement des rives d’un des affluents de la Rivière des Perles qui était extrêmement pollué et qui servait de poubelle à la population qui habitait sur ses rives. Dans cette zone ont été créés des jardins et des pistes cyclables. L’espèce de cloaque (ils ont pris des photos il y a 3 ans, c’était à faire peur !!!) où était supposé serpenter ce petit cours d’eau est transformé en eau propre courant entre des pierres, enjambé par des petits ponts ou gués, le tout sous la quatre voie perchée à une bonne dizaine de mètres au dessus. Bien que ce soit formellement interdit, les enfants s’y baignent tandis que leurs grands-parents les surveillent. Bref, c’est magnifique de voir une rivière saine avec des cascades aménagées. Il y a quelques années, j’avais remarqué un chemin le long de ce Pour rendre l’endroit plus agréable, le dessous de la voie en question a été repeint en bleu ciel avec quelques nuages blancs. Avec ça, impossible de ne pas penser à ne pas se baigner !!! Ils ont dû reloger plus de 900 familles dont une certaine quantité de foyers pauvres, handicapés, etc. Il paraît, selon les explications données par les panneaux, que cela a été bien fait et que personne ne s’est plaint, mais on ne dit pas si les personnes ont été relogées dans un périmètre raisonnable pour ne pas voir leur vie complètement bouleversée. Peut-être sont-elles dans une banlieue.

Très jolies maquettes de jonquesTableau de scène du quartier

On y a même vu dans les environs, une équipe de cinéma fort occupée à filmer une petite fille en uniforme de collégienne en train de faire semblant de travailler, les pieds dans l’eau, le cahier sur les genoux, le crayon à la main. A mon avis, cela va apparaître soit dans un film, soit dans une pub pour les réalisations de la ville. En fait, ils ont ainsi refait 368 km de berges de cet affluent dans la ville de Guangzhou seulement.

Le ciel azuréen peint sous la voie express et la baignade des enfantsPetite fille filméeScène du film
Silence ! On tourne !Tout le monde est intéressé !

En fait maintenant, je pense qu’on peut aller des bords de la Rivière des Perles jusqu’au quartier du consulat de France, à vélo en 15-20 mn maxi. Nous avons ensuite rejoint le quartier proche de chez les beaux-parents de mon amie et essayé de trouver une paire de chaussures, fait quelques courses de nourriture et nous sommes allés dîner. Toujours un accueil très sympathique, j’ai eu le droit au vin d’herbes fabriqués par le père et servi de cobaye à sa mère pour une nouvelle recette de racines de lotus farcies à la viande qu’elle avait vue à la télé la veille. Elle semblait un peu inquiète sur le résultat, mais en fait c’était délicieux. C’est une très bonne cuisinière. Comme je me suis fait attraper pendant le week-end par l’une des personnes qui nous avait invités – j’avais dû trinquer de force – du coup, on me refait le coup à chaque fois. Ce soir, le maître de maison m’a servi un petit verre, mon ami n’en buvait pas (tolérance 00000 en Chine quand on conduit), mon amie et sa belle-mère non plus, quant au beau-père il avait la grippe donc pour une fois il ne pouvait pas trinquer. Donc j’étais la seule à avoir un verre, et eux n’avaient même pas de thé. Difficile de boire toute seule, mais je n’ai pas pu y échapper.

H. sait que j’aime le piment alors que mon amie n’en utilise jamais car elle n’aime pas du tout ça, du coup, j’avais devant moi une petite coupe bombée de piment broyé et salé, genre 20 ou 30 g. En fait, je n’ai même pas eu le temps d’arriver que j’avais déjà un pot offert sur la table de petits piments verts entiers en conserve et un autre de piment rouges broyés, le tout fait maison. Et tout le monde a observé avec attention ma consommation de piment, en me rappelant toutes les 5 mn qu’il fallait en ajouter. Je pense qu’ils avaient dû parier que c’était impossible que j’en mange ! Évidemment, je n’ai pas tout mangé car une telle quantité est trop importante, mais j’ai tenu mon rang. Je suis bonne pour une visite à Chongqing, haut lieu de la cuisine pimentée chinoise. J’espère réussir à protéger le pot de conserve en verre dans la valise pour le retour !

En rentrant ce soir, nous sommes repassés pour rentrer par le fameux quartier visité vendredi, les tours sont illuminées et c’est très beau. Ce quartier se trouve en fait très près de l’endroit où j’ai habité en 2008. Pas loin, il y avait une vieille pagode (Chigang Pagoda), non mise en valeur, tout a été refait là-aussi, avec un immense jardin. J’essaierai de prendre des photos demain car je pense proposer à LF de faire une balade demain soir de ce côté. Un nouveau pont a été construit de ce côté et permet de faire le lien entre les deux quartiers. Le soir, il y a plein de monde en train de se promener et d’admirer le paysage.

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